Cette année, un pan de recherche au cœur des projets de recherche des experts de l'Institut reConnect a été mis en lumière par le comité Nobel : l'optogénétique. Le Prix Nobel de physiologie ou médecine 2026 a été décerné conjointement à Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel pour leurs découvertes à l’origine de l’optogénétique et de certains canaux ioniques activés par la lumière.
À l’Institut reConnect, l’optogénétique fait l’objet de projets de recherche qui ont pour ambition d'ouvrir de nouvelles perspectives pour la restauration de l’audition. L’équipe Code neural dans le système auditif de l’Institut de l’Audition, dirigée par Jérémie Barral, fait appel à l'optogénétique pour stimuler avec précision les cellules de la cochlée grâce à la lumière.
Ces travaux rendu possible en partie grâce au soutien de la Fondation Bettencourt pour les jeunes chercheurs s’inscrivent notamment dans la volonté de développer un implant cochléaire optogénétique.
L’optogénétique est une méthode qui permet de contrôler l’activité de cellules nerveuses à l’aide de la lumière. Les travaux menés par l’équipe de Jérémie Barral se concentrent sur les bénéfices de cette technique lorsqu’elle appliquée spécifiquement aux cellules ciliées de la cochlée. Contrairement aux implants cochléaires actuels qui utilisent des électrodes pour stimuler directement le nerf auditif, des implants optogénétiques utiliseraient la lumière pour activer de manière ciblée les cellules impliquées dans la transmission du signal sonore. Puisque les cellules ciliées ne sont pas naturellement sensibles à la stimulation lumineuse, une étape d’introduction de gènes codant pour des protéines photosensibles est nécessaire de faire s’exprimer un canal membranaire spécifique qui rend les photosensibles.
Dans le cadre de troubles de l'audition qui ont une origine biologique dans un dysfonctionnement en amont de la transmission synaptique, l'activation de cellules ciliées de la cochlée par la lumière présente plusieurs avantages. Cette méthode nécessiterait de faible quantité de lumière pour cibler une meilleure gamme d'intensité avec une importante adaptation de l'appareil auditif au variation temporel du signal.
Le prix Nobel de médecine 2026 consacre cette approche d'avenir
Les travaux de Peter Hegemann, Georg Nagel et Karl Deisseroth ont notamment permis d’identifier, au début des années 2000, les protéines photosensibles appelées channelrhodopsines, découvertes chez une algue unicellulaire. La découverte de ce canal protéique a rendu possible le contrôle l’activité des neurones grâce à la lumière. C'est grâce à cette protéine membranaire qu'une cellule qui la présente à sa surface est sensible à la lumière.