L’année 2026 a été marquée par les 25 ans de la première publication dans Nature Genetics d’un succès de thérapie génique chez l’animal. Un quart de siècle plus tard, cette avancée majeure continue d’être explorée par les experts de l’Institut reConnect, fondation sous l’égide de l’Institut Pasteur.
Les résultats des travaux menées par le Pr Christine Petit à l’Institut Pasteur depuis plus de trente ans ont transformé notre compréhension du fonctionnement de la cochlée avec l’identification des gènes responsables de surdités congénitales et l’émergence d’une véritable biologie moléculaire de l’audition.
Ces travaux ont conduit à une étape scientifique majeure à la fin du XXe siècle : la première identification d’un gène responsable d’une surdité profonde, DFNB9, induite par des mutations dans le gène de l’otoferline.
Cette avancée a alors ouvert la possibilité d’envisager un traitement de la surdité par thérapie génique. Après des premiers résultats prometteurs de restauration quasi complète de l’audition chez l’animal, des essais thérapeutiques chez l’Homme ont été lancés à l’international pour évaluer la possibilité de proposer, à terme, ces solutions thérapeutiques aux enfants et aux adultes atteints de surdités sévères à profondes.
Dans un contexte où 1 enfant sur 1 000 naît chaque année avec une surdité sévère à profonde, et où 2,5 milliards de personnes pourraient être concernées par des troubles de l’audition d’ici 2050, les experts de l’Institut reConnect sont particulièrement mobilisés pour accélérer la recherche translationnelle et rendre accessible des thérapies innovantes capables de changer durablement la vie des personnes concernées par les troubles de l’audition.
Regardez la vidéo explicative de l’histoire de la thérapie génique, son fonctionnement, ses enjeux et applications. Prise de parole du Pr Christine Petit, responsable du laboratoire d’Innovation en Thérapies de l’Audition, Professeure à l’Institut Pasteur et au Collège de France et du Dr Saaid Safieddine, responsable du laboratoire Technologies et Thérapie Génique pour la Surdité.
Aujourd’hui, les équipes de l’Institut reConnect contribuent au développement de cette technologie notamment dans le cadre de l’étude clinique HearConnex. Cet essai vise à évaluer la sécurité et l’efficacité du produit de thérapie génique SENS-601 basé sur un vecteur AAV (virus adéno-associé).
Développé par Sensorion, en collaboration avec le laboratoire du Pr Christine Petit (Institut reConnect, Institut de l’Audition, Institut Pasteur, Inserm, CNRS), ce programme a pour but de traiter la perte auditive liée à des mutations du gène GJB2. Ce gène code pour la connexine 26 et joue un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre ionique nécessaire à la transduction sonore dans l’oreille interne. Les mutations de ce gène représentent la première cause de surdité congénitale génétique, DFNB1A, responsable d’environ 50 % des cas de perte auditive congénitale non syndromique à transmission autosomique récessive, c’est-à-dire des surdités présentent dès la naissance, et sans autre symptôme majeur.
Des recherches récentes ont également établi que les mutations du gène GJB2 sont retrouvées dans des formes précoces de presbyacousie sévère chez l’adulte, qui semblent être monogéniques et potentiellement traitables par thérapie génique.
SENS 601 devrait entrer en évaluation clinique dans l'essai de Phase I/II HearConnex, actuellement évalué chez des enfants atteints de surdité congénitale DFNB1A, d'ici début 2027. En l’absence de thérapie génique approuvée pour la perte auditive liée au gène GJB2, SENS-601 pourrait avoir le potentiel de figurer parmi les premiers programmes de thérapie génique ciblant les mutations du gène GJB2, s’il est approuvé.
Ce programme, partiellement financé par l’État français dans le cadre du plan d’investissement France 2030 (projet ConnexGene, avec Bpifrance), est développé en collaboration avec l’Institut reConnect.